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Préface Longtemps, les grands aventuriers découvraient et exploraient des terres inconnues, des îles perdues, de nouveaux mondes. À quoi peuvent-ils bien servir maintenant que la planète a déjà été parcourue en tous sens? Voilà une grande question à laquelle 8850 apporte de très pertinentes réponses.Ce livre raconte une prouesse remarquable, en même temps qu’il nous révèle les motivations et les intentions profondes de l’aventurier Jean-François Carrey qui l’a réalisée. Il a non seulement gravi le plus haut sommet du monde, relevant le défi le plus exigeant physiquement, mentalement, financièrement, et le plus risqué qui soit, il s’est aussi interrogé, à quelques jours du sommet tant désiré, sur le sens profond de cette aventure, de cette quête. Pourquoi risquer ainsi sa vie, flamber une fortune, se dépenser, souffrir mille maux? On comprend qu’il a fait tout ça pour voir, pour vaincre, pour témoigner aussi de l’état du monde. Car c’est à ça aujourd’hui que servent les grands aventuriers, à parfaire notre connaissance du monde dans lequel nous vivons, à mieux connaître notre planète et les peuples qui l’habitent, certains nantis et heureux, d’autres pas. Les aventuriers nous aident, en fin de compte, à nous connaître mieux, ils nous apportent des preuves que la nature existe encore et que le monde peut, chaque jour, être nouveau, qu’il est chaque jour à découvrir ou à redécouvrir, parce qu’il est sans cesse changeant. Se lancer dans une telle aventure exige, on imagine, énormément d’audace, des forces peu communes et une grande expérience de la nature, mais aussi des savoir-faire multiples, la maîtrise parfaite de nombreuses techniques, la connaissance du terrain, de la montagne, du danger, et bien sûr et surtout de ses forces et de ses faiblesses, de ses limites, du pouvoir de ses rêves… Voilà aussi ce que nous dit ce livre. Il nous dit que la véritable aventure, au fond, c’est la connaissance de soi. Et la connaissance de soi passe par celle du monde, celle de l’autre. Jean-François nous le répète : l’alpinisme (qui est une métaphore du dépassement de soi, de l’ascension, de la poursuite acharnée d’un grand idéal) est un sport d’équipe, une aventure d’équipe. Il faut, au départ, avoir confiance en soi. Mais aussi, tout au long du chemin, faire confiance aux autres. Danièle Vallée a su tirer de cette aventure un récit remarquablement bien construit, limpide, rempli d’humour, d’émotion, d’enseignement. Il y a du suspense dans ce livre, une leçon de vie, un enseignement. On comprend mieux la mesure (ou la démesure) de la prouesse physique, et aussi celle du rêve géant, dévorant, éléphantesque, qui a porté Jean-François Carrey jusqu’au sommet de l’Everest, à 8 850 mètres au-dessus de la mer.Je crois qu’il nous faut des fous comme lui dans ce monde, des aventuriers qui posent des gestes requérant tellement d’audace et de persévérance que même ceux qui n’auront jamais la force ou le courage de les poser en seront changés eux aussi, éveillés, émerveillés. George-Hébert Germain |
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