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Vous vous apprêtez à revivre mon été 2002 tel que je l'ai vécu,
seul avec moi-même et mes hamsters imaginaires. Pour me faire
oublier cette solitude, j'avais conçu une chronique quotidienne
dans laquelle j'écrivais des mots qui formaient des phrases. Cette
chronique, je l'avais intitulée « PDJ », acronyme pour Pensée du
Jour. Un acronyme est une chose merveilleuse qui nous permet de
dire Pensée du Jour en ne prononçant que trois lettres : PDJ. Ceci
représente une économie de temps de 0,019 seconde!!! Pensez à tout
ce qu'on peut accomplir en 0,019 seconde! Ma blonde le sait!
Mais vous vous demandez sûrement : « Mon Dieu!!! Mais qu'est-ce
qu'une PDJ??? » Et bien, c’est tout simplement un texte hautement
intelligent qui se lit en suivant un certain rythme. Voici donc le
déroulement normal d'une PDJ :
1re partie
: Une salutation quelconque et un paragraphe contenant
essentiellement n'importe quoi. Ce sont mes réflexions non
réfléchies sur le monde en général et ma vie en particulier.
2e partie
: La pensée du jour comme telle. C'est une citation provenant de
mon moi-même. Souvent, elle est plus « du jour » que « pensée ».
Elle relève souvent d’un jeu de mots ou d’une évidence
déconcertante. Si l’humour d’une pensée du jour vous échappe,
essayez de la lire à haute voix ou de la faire lire par quelqu’un
de plus intelligent que vous. Ça marche habituellement bien.
3e partie
: Une chronique, souvent sous la forme d'une liste de choses ou
d'objets, ou une suite de choses à ne pas faire ou à ne pas dire,
bref, une liste.
4e partie
: Une salutation et une signature. La signature est souvent
complètement ridicule. Si vous ne la comprenez pas, c'est sûrement
parce qu'il n'y a rien à comprendre. Souvent, même moi, je ne me
comprends pas.
Vous pouvez constater par vous-même qu’avec un tel contenu, le
prix Nobel de la littérature me sera décerné sous peu.
Ce
papotage quotidien, je l'envoyais par courriel à des gens qui
étaient (ou faisaient semblant d'être) intéressés à mes
niaiseries. Chaque jour, une centaine de personnes recevaient par
courriel ce bijou de la littérature manquée dans lequel je
traitais de tous les sujets possibles, de l'ébénisterie
néo-zélandaise à la technique la plus utile pour tomber par
terre... et ce, dans la même phrase.
Récapitulons : je suis seul et imbécile et je décide d'achaler du
monde par courriel.
Ceci étant dit,
je vous souhaite bonne lecture et bon retour dans mon passé
passionnant, du moins, pour mes hamsters.
Posologie :
Enfants de 12 ans et plus : 1 à 2 PDJ aux 6 heures. Ne pas
dépasser plus de 4 PDJ par jour. Enfants de moins de 12 ans,
consulter un psychiatre. Une surdose de PDJ peut mener à… euh…
euh… à une surdose de PDJ…
Avis de
non-responsabilité : |